Coleus forsteri (Mitché)
Coleus forsteri (Mitché)
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Identité
Nom scientifiqueColeus forsteri (Benth.) A.J. PatonFamilleLamiacéesStatut BiogéographiquePlante indigèneOrigine géographique--Distribution géographique--Noms Kanakméâmöru (Ajië)hmitre (Drehu), mitre (Faga uvea)kwiboru (Drubea)hnizi (Nengone)puwaâro wâro (Paicî)néxwâmata (Xârâcùù)Autres noms communsPlectranthus parviflorus Willd.Arnika kanakMitchéMilieu naturel d'origine--Statut IUCN--
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Description
Type de planteHerbacéeDurée de vie--Hauteur à maturité--
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Conduite culturale
Type de sol--Pollinisation--Croissance--Entretien / Soins--Exposition au soleil--Besoin en eauRésistance à la sécheresse
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Saisonnalité
FloraisonFruitsTaille
Généralités
Le mitché (Coleus forsteri) également appelé arnika kanak ou herbe à blessure (1,2) appartient à la famille des Lamiacées. Son ancien nom scientifique était Plectranthus forsteri.
Le mitché une espèce autochtone, présente naturellement dans tout l'archipel calédonien, ainsi que dans les îles voisines. On la trouve dans les milieux rocheux semi-ombragés du littoral ou à l'intérieur des terres à basses altitude, sur les chemin et lisières (1,3, 4). Elle est fréquemment plantée dans les jardins pour ses propriétés médicinales.
Cette plante est utilisée dans la médecine traditionnelle kanak (voir la fiche "La médecine traditionnelle kanak") et dans les médecines traditionnelles du Pacifique où les usages médicinaux peuvent être différents selon les régions. Voici quelques dénominations de Coleus forsteri dans la région Asie-Pacifique (2) :
- Miango (Papouasie Nouvelle-Guinée)
- Dranumi (Fidji)
- xx (Vanuatu)
Une plante symbolique dans la culture kanak
Dans la culture kanak, le mitché symbolise la vie, car chaque bouture de tige est capable de donner naissance à une nouvelle plante (5).
Lorsqu'une famille annonce la naissance d'un enfant à l'oncle maternel (celui qui est chargé de lui insuffler symboliquement le souffle de vie), elle annonce le sexe de l'enfant en lui donnant une tige de mitché liée un autre élément :
- à une sagaie quand il s'agit d'un garçon
- à une écorce de niaouli s'il s'agit d'une fille.
À cette offrande, on ajoute une étoffe d'écorce, des ignames et une longueur de monnaie.
Le mitché (et parfois d'autres labiacées introduites ou autochtones) porte divers noms dans les langues kanak (1,2,5) :
- méâmöru (Ajië et nyelâyu),
- hmitre wië, hmitre i papale, hmitre madra (rouge) (en Drehu) (Plantes Maré)
- hnizi gada (= blanc, mitché à tige verte) et hnizi dridr (= noir, mitché à tige violacée en Nengone
Le mitché est aussi cultivé avec les ignames pour favoriser leur croissance (6).
Description
Coleus forsteri présente diverses caractéristiques botaniques présentées ci-après (3,4) :
Allure générale
- Herbe pérenne (ou un petit arbrisseau plus ou moins prostré) pouvant atteindre 50 cm de hauteur
- Tiges plus ou moins rampantes
- On distingue le mitché blanc (tiges vertes) réservée aux enfants et le mitché rouge (tiges rouges-violacées) plus fort
Feuilles
- Opposées, minces ou un peu épaisses
- Pétiole grêle de 3 cm de long
- Pubescentes, glanduleuses et de forme deltoïde
- Légèrement dentelées sur les côtés
Fleurs, fruits
- Fleurs de couleur bleues ou bleu pâle
- Grappes de 6 à 10 fleurs disposées en faux épis terminaux
- Environ 25 cm de long
- Fruits = nucules globuleuses noirâtre à maturité
Saisonnalité
- Floraison plutôt en saison chaude
Vertus générales
Les principales vertus du mitché (2)
- astringente et carminative
- Antiseptique et cicatrisante
Composition
La plante contient des diterpènes quinones qui ont montré une activité antimicrobienne (WELLSOW et al., 2006). Ses feuilles contiennent également des polyphénols et des diterpénoïdes, ainsi que des esters bioactifs de l'acide caféique (Grayer et al., 2003 ; Wellsow et al., 2006 ; Kubínová et al., 2013). Les extraits cyclohexane et éthanolique de C. Forsteri montrent également une activité antiinflammatoire (Lasalo).
FEUILLES
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Le jus extrait des feuilles est instillé dans les yeux, la bouche et les narines du nouveau-né pour dégager ses oies respiratoires et digestives. Il est aussi utilisé pour laver les yeux irrités.
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Contre les rhumes ou sinusites on fait chauffer les feuilles de mitché rouge au dessus d'une flamme, on les écrase à la main pour exprimer le jus qu'on instille dans le nez, la tête penchée en arrière. Le traitement est répétée plusieurs fois de suite. Le passage du liquide est désagréable mais le traitement est efficace (Suprin)
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L'infusion de feuilles sert en bain en en inhalation contre les rhumes
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Le jus des feuilles écrasées est appliqué sur les plaies et les coups (ecchymoses, entorses)
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La plante est frottée sur les zones douloureuses (Maré). La variété à tige noire violacée serait plus efficace
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Le jus de tige est mâché est craché sur les plaies infectées (Papaousie Nouvelle-Guinée)
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Les jeunes feuilles chauffées sont exprimées puis appliquées sur les coupures et plaies
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Le jus des feuilles est instillé dans le ne pour traiter les saignements de nez et les maux de tête
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Une décoction de feuilles soulage les yeux irrités (Fidji)
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Le suc des feuilles et des jeunes tiges est utilisé contre la toux et les vomissements de sang (Nouvelle-Calédonie)
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La macération de 4 bourgeons est utilisée comme tonique rafraichissant (Poindimié en Nouvelle-Calédonie)
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L'infusion de feuilles et de tiges soigne la toux, le rhume, la grippe (Maré). L'infusion est administrée aux bébés en cas de grippe.
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Les femmes utilisent des décoctions de feuilles et de tiges pour purger les bébés (Nouvelle-Calédonie, centre de la Grande Terre)
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Une décoction de feuilles est absorbée chaude ou froide pour soulager les maux de tête, la toux et le rhume (Fidji). La décoction est réputée contre les troubles de la vessie et des reins.
TIGES
Le jus de tige mâchée est craché sur les plaies infectées (Papaousie Nouvelle-Guinée)
Sources
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(1) Lormée N., Cabalion P., Hnawia É., 2011. Hommes et plantes de Maré, îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie. IRD éditions, p 151-152.
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(2) Limousin P., 2014. Arnika kanak. In Oceania planta medica, flore de Kanaky, vol. II - Panacées alimentaires - p 208-209
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(3) Suprin B., 2019. Mitché. In « Les plantes marginales comestibles en Nouvelle-Calédonie p79
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(4) Coleus forsteri (Benth.) A.J.Paton. Endemia.nc consulté le 21.02.2025
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(5) ADCK, 1998. Le guide des plantes du chemin Kanak, p12-13
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(6) MacKee H.S., 1985. Les plantes introduites et cultivées en Nouvelle-Calédonie. Paris : MNHN. Flore de la Nouvelle-Calédonie et Dépendances, vol hors-série.159 p.
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(7) Nicolas M., Lasalo M., Chow S., Antheaume C., Huet K., Hnawia E., Guillemin GJ., Nour M., Matsui M. Anti-inflammatory activities of Coleus forsteri(formerly Plectranthus forsteri) extracts on human macrophages and chemical characterization. Frontiers in Pharmacology, section Ethnopharmacology, 13:1081310
Auteurs
Publié : Février 2025
Rédaction de la fiche
- Estelle Bonnet-Vidal (Lincks)
- Mariko Matsui (Institut Pasteur, NC)
- Hnawia Edouard (IRD)
Citation bibliographique recommandée
Bonnet-Vidal E., Matsui M., Hnawia É., 2025. Fiche technique "Coleus Forsteri (Mitché)". In Agripedia.nc [En ligne] (consulté le jour/mois/année)
Voir également FAQ "Comment citer cette référence bibliographique ?"